
Je profite d'une petite pause entre une baignade dans la piscine de l'auberge, et le bus qui doit m'emmener à Rio en 24 heures pour vous faire part de mon actualité.
Je vous ai laissé à Iguazu, site très touristique mais très impressionnant faisant office de triple frontière entre l'Argentine, le Brésil et le Paraguay. Iguazu est l'une de ces étapes ¨incontournables¨ qui forment le fameux gringo trail sud américain.
En effet, tout le continent est trufé de richesses et de curiosités naturelles, qu'il est difficile d'ignorer quand on voyage ici. A cela se mélange les clichés que tout le monde a en tête à propos de l'Amérique du sud: Les paysages vierges de toute présence humaine et magnifiques à perte de vue, les Andes, l'aventure sur les traces des Incas, les longs voyages en train au milieu entouré d'une population locale culturellement radicalement différente...
Tout ceci est presque vrai en ce qui concerne les paysages. Par contre, le réseau ferroviaire sud américain est quasiment innexistant (exepté les quelques trains très touristiques parcemés sur le continent), les paysages magnifiques sont en général accessibles une fois que les taxes d'entrée ont été payées, et le calme et la magie de ces endroits existent certainement, mais la nuit, quand la vague de touristes dort... Et l'aventure dans tout ça?!....
Le gringo trail, entendez le chemin des touristes, c'est donc ca. C'est le fait d'aller d'un spot hors du commun, et recommandé par le Lonely planet, à un autre. Dans ces endroits, on rencontre souvent les voyageurs que l'on a rencontrés lors de la précédente étape, même ceux qu'on ne voudrait pas revoir. On a à faire également à la population locale qui a compris depuis fort longtemps, le potentiel touristique et du coup économique que représente leur spot. Des tarifs n'ayant rien à voir avec le cout de la vie nationale sont alors appliqués, et les tenues traditionnelles et autres coutumes deviennent des shows payant pour gringos en quête de sensations fortes et de belles photos à mettre dans le salon.
Vous me direz, ben vas voir ailleurs! Tout à fait.
Mais qu'est ce qui se passe dans la quasi totalité de l'amérique du sud, quand on demande à quelqu'un s'il est possible de sortir de ce trail, ou que l'on va visiter le site diplomatie.gouv du gouvernement français? ¨Non, c'est dangereux, ils vont te voler!!!¨
C'est donc avec ce genre de renseignements que je suis parti au Paraguay, dans l'idée de le remonter en stop, un petit peu énervé et fatigué de ce système de voyage sud américain (que je n'ai pas connu du tout en Asie!).
Comme je l'imaginais, le Paraguay n'est pas du tout touristique. Cela s'explique par le fait qu'il n'y a rien à visiter, donc pas inclus dans le gringo trail, et aussi à cause d'un passé et même un présent politique plus que cahotique. Entre les présidents dictateurs qui restent 30 ans au pouvoir; ceux qui déclarent la guerre simultanément à l'Argentine (à peine plus petit que l'Inde), l'Uruguay et au Brésil (moitié de l'Amérique du sud) (guerre de la triple alliance), fort d'une super population de 6 millions d'habitants, comme ça pour le fun, et pour voir si il y a pas moyen de gratter un peu de terre; et le nouveau président qui a rectifié le tire sur 2 ou 3 problèmes du passé, mais qui a fait devenir le Paraguay le pays ou la coruption est la plus forte... Il vient de détourner 16 millions de dollars pas très discrètement, et sa voiture est quand même au registre des voitures volées!!! La réputation du pays n'est donc pas au top...
Pourtant, les paysages sont magnifiques, les gens sont très sympas et plutôt accueillants, même s'il faut bien dire, que la plupart ont du se poser la même question en me voyant marcher en plein cagnard le long de lignes droites de 300 km de long: ¨mais qu'est qu'il fou la lui avec son sac à dos?!¨
C'est vrai que j'ai beaucoup marché, et que le stop a fonctionné quelques fois, mais pas souvent. C'est donc, en bus, en camions, en mobylettes (les paraguayens se déplacent tous en mob, ils adorent ça, et en font beaucoup... ceux qui n'en font pas sont mécanos pour mob, ou vendeurs de mob...), en van...
La vie n'est pas chère et plutôt tranquille. Je me suis méfié tout le long de la route, par rapport aux mises en garde des gens que je rencontrais, mais je dois dire, que je n'ai pas vu une seule ombre de danger, ni d'insécurité.
Comme je le disais, les paraguayens sont très sympas. Passionnés par le foot, le téréré (comme du maté, mais froid) et de mobylettes, parlant un mélange de guarani et de castillan (pas très joli), ils sont aussi curieux de savoir comment c'est ailleurs, et les conversations avec eux étaient souvent les mêmes, mais toujours marrantes. Tu viens d'ou? Tu fais quoi ici? Et elle est ou ta maison au Paraguay?... Tu veux boire du téréré? Et les portables en france, ils sont comme ici? Je crois vraiment avec le recul, que le plus drôle c'était leur réaction quand je leur disais pourquoi j'étais la. "pour connaitre, voyager..." Je sentais toujours qu'ils avaient envie de rajouter un "oui, mais pourquoi???"...
Enfin voilà, je suis arrivé au nord de ce pays tout tranquille, à la frontière brésilienne, avec la satisfaction d'être sorti du gringo trail, d'avoir eut un bon aperçu du Paraguay, et de pouvoir dire aux mauvaises langues d'Iguazu, que personne ne m'a volé au Paraguay, et loin de la. Par contre je dois leur dire à ceux là que durant mes 3 jours à Buenos Aires, 3 personnes se sont faites braquées leur passeport et argent, dans un quartier très central et sois disant sure!...
Me voila au Brésil, à Campo Grande exactement. Je suis arrivé ici, car c'était l'unique destination brésilienne en partance du Paraguay. Sans trop le savoir, je suis donc arrivé au point de départ de la plupart des expéditions pour le Pantanal. Le Pantanal est un marécage qui fait la moitié de la France, sanctuaire d'une faune et flore très riche et variée. Donc retour au gringo trail... Je reviens de mes 3 jours dans le Pantanal. En fait cela ressemblait beaucoup à ce que j'avais fait à Rurrenabaque, dans le nord bolivien, mais en plus chere et en moins bien!!! Je vous jure que je ne suis pas aigri ni blasé, et que j'ai le moral à bloc. J'ai aimé me rebaigner avec les caimans et les pyranhas, observer des capibiras, des singes et autres tatous, mais je l'avais déjà fait dans une meilleure ambiance, même si mon groupe était sympa (un australien, 2 japonaises)...
L'heure de prendre le bus pour Rio approche. Je file.
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